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LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE en Allemagne 1943-1945 |
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> Retour au sommaire « Par nous la France renaîtra » « J’ai toujours à l’esprit ce groupe de onze
premiers volontaires (en majorité issus de la région Auvergne, Claude
Maurice et moi, Lescanne, Hugues de la Celle, Laurens, Lamachere, et
aussi Grison et Ginisty…) envoyés en juin 1943 à Paris, boulevard
Kellermann, au siège de la J.O.F.T.A., pour y recevoir l’estampille de
cette officine de zone Nord agréée, avant de passer le frontière. Le général [de La Porte du Theil] nous avait réunis rue de Lille, où les Chantiers avaient un bureau. Je le vois, en civil, se grattant la nuque, et nous disant : « Mes Amis… vous ferez ce que vous pourrez ». Source : Commissaire-assistant Jacques Bedel, in La Mission des Chantiers de jeunesse en Allemagne, 1943-45. |
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LES JEUNES DES CHANTIERS EN ALLEMAGNE DANS LE CADRE DU S.T.O.
Les ouvriers
français en Allemagne
n’ont
pas seulement
célébré
le Premier mai,
la fête
du
travail, mais aussi la fête du
Maréchal.
A Graz, 400 jeunes Français se sont réunis à
l’occasion de la fête du Maréchal et
lui ont adressé l’ordre
du jour exprimant
tout leur attachement.
De ce message
nous ne citerons
que les conclusions
qui le
résument tout
entier.
Source : « Jeunes du
S.T.O. », Bulletin des Jeunes,
1er juin 1944.
NOUVELLES D’ALLEMAGNE
D 24
septembre [1943] Chef, J’ai reçu avec
plaisir vos nouvelles A. D. A. C. du 18 août dernier. J’y réponds avec
autant de plaisir. J’en profite pour vous remercier personnellement, et
par remercier l’A. D. A. C. pour tout ce qui a été fait pour les Anciens
partis en Allemagne. Nous sommes vraiment heureux ici de voir qu’en
France l’on ne nous oublie pas et que les Chantiers, les premiers, ont
fait quelque chose de positif. De nombreux « Jeunes », qui, auparavant,
ne comprenaient pas la nécessité et le sens de cette œuvre, commencent à
se rendre compte de leurs erreurs passées. Je dis bien «
commencent à se rendre compte ». Tous encore n’ont pas compris
malheureusement et parmi ceux qui ont compris, tous n’ont pas
entièrement compris. J’ai pour exemple les soixante Français de la «
Melder Werke ». Je juge d’après eux et je pense qu’il en est ainsi, avec
amertume, dans les autres camps de travailleurs. Notre délégué est un
camarade instituteur de l’Allier. Chaque jour, il se rend compte que
représenter nos compatriotes auprès des autorités allemandes n’est pas
tout rose. Et puis, obtenir une discipline, quel travail de titan ! Je
ne pensais pas que les Français fussent égoïstes et indisciplinés à ce
point. Nous sommes trois à vouloir changer cet état d’esprit, et
assurément, nous avons à nous employer. Ce soir, encore dans notre
chambre, c’est une véritable leçon de morale qu’il a fallu faire, et ce,
pendant plus d’une demi-heure. Parfois nous sommes bien pris de
découragement, mais alors, nous nous serrons les coudes pour surmonter
une défaillance passagère. Si le temps nous en est donné, peut-être
arriverons-nous enfin à quelque chose ? Nous avons créé, ou
plutôt nous sommes en train de créer une amicale entre les Français de
l’Usine. La réunion constitutive s’est tenue ce soir. Nous espérons que
la constitution de cette association facilitera notre tâche et permettra
d’obtenir un peu plus de discipline et beaucoup plus d’unité. Mais cela
n’ira pas sans heurt et il faut user de politique : l’achat en commun
d’un poste de T. S. F. a été le prétexte choisi pour l’union. II faut
utiliser toutes les occasions de faire œuvre utile pour la collectivité
locale, et par delà, pour la France qui aura sérieusement besoin de nous
pour se relever, après notre retour. Car il ne lui faudra compter que
sur elle-même, que sur le travail de ses fils. Je ne sais pas
qu’elle sera la durée de notre séjour outre-Rhin, ni encore comment il
se terminera, mais dès à présent, je puis dire que mon exil m’aura servi
à quelque chose. J’aurai avant tout appris à connaître les hommes et le
Pays. Connaître les
hommes, je m’y efforce chaque jour. J’ai à découvrir le cœur et l’esprit
d’une foule d’ouvriers des plus cosmopolites : Allemands, Tchèques,
Bulgares, Russes, Serbes, Polonais, Anglais (prisonniers) sans oublier
les Français. Avant tout il faut se comprendre – l’Allemand [sic]
est « l’espéranto » des temps modernes. Je n’ai pas eu la chance
d’étudier cette langue durant ma scolarité ; depuis quatre mois,
j’essaie de pallier à [sic]
cet inconvénient, en travaillant seul. J’ai eu le plaisir de constater
que mes progrès étaient très rapides, et en aucun point comparables à
ceux que l’on fait lorsqu’on étudie une langue à l’école. Connaître le pays, ce n’est pas le moins agréable. J’ai parcouru des régions très diverses durant mon voyage aller, et de plus, je me suis efforcé de me déplacer le plus possible. J’ai vu les premier uniformes C. J. F. J’ai pu constater qu’ils faisaient très bonne impression dans les rues et j’ai regretté d’être de ceux qui ne portent plus la tenue de Chantiers.
Source :
Jean LIOGES, A.D.A.C. de l’Allier,
novembre 1943.
c’est vraiment plein de honte que je vous écris pour vous donner des nouvelles des chefs de la Province Auvergne présents dans la région de Vienne, que de France on voit sous les yeux de la valse et des yeux ensorceleurs des jolies Viennoises, mais que, ici, nous voyons, sous le signe d’un travail qui dure 12 heures, d’une boue qui dépasse celle des chantiers les plus boueux de France, d’une nourriture écœurante par sa monotonie »
Source : Pierre Lescanne, ancien du Groupement 39, 18 novembre 1943
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Pour en savoir plus > Les Chantiers d'Afrique du Nord en 1941 Les Chantiers d'Afrique du Nord en 1942 Copyright©2018, Jean Moncelon |
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