LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE

1940-1944

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« Par nous la France renaîtra »



LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE 1940

"Donner aux jeunes de vingt ans un complément de formation physique, civique et morale, au contact de la nature, dans le cadre de la révolution nationale" Commissaire régional d'Auvergne Pierre Bousquet.

 

Les premiers campements, en 1940, des toiles de tente, en lisière de la forêt.

LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE ET LA RÉVOLUTION NATIONALE


Une première question est déjà résolue : celle concernant les jeunes Français incorporés récemment et appartenant à la classe 1940. Les conditions de l’armistice ne leur permettent plus de recevoir la formation militaire dans les unités récentes. Pour eux, on a constitué 35 camps de jeunesse dans lesquels ceux qui avaient été incorporés en juin dernier recevront, sous la direction du général de la Porte du Theil, ancien commandant de la 40e division, non plus une instruction militaire, mais une instruction morale, physique et civique.

     C’est sur le principe de l’équipe qu’est fondée cette organisation. Chaque équipe se compose de 20 jeunes gens commandés par le meilleur d’entre eux. Dix équipes de 20 composent un groupe dont la direction est assumée par un instructeur. Chaque camp comporte un effectif total de douze groupes, soit 2.400 hommes. Quels sont les buts poursuivis dans ces camps ? 1° apprendre aux jeunes Français leur devoir à l’égard du pays ; 2° leur apprendre à se connaître, sans distinction de classe sociale, dans le même effort ; 3° aider ainsi à la renaissance matérielle et morale du pays ; enfin, éviter, grâce à cette sorte de mobilisation des jeunes, d’accroître le nombre des sans-travail.

      Comment atteindre ces buts ? Par une discipline librement consentie. Dans les veillées du soir, on examinera le rendement de la journée. Les problèmes de l’heure seront étudiés. Une presse, dans chaque groupement, mettra ses membres au courant des événements quotidiens et les intéressera à la renaissance française.

      Pas d’organisation monastique. Le camp n’est pas un couvent, il restera en contact avec les villages voisins. Une vie sociale intense sera instituée. D’ailleurs, des équipiers sociaux collaboreront avec les chefs de camp en vue de la formation des moniteurs. Par ailleurs, l’éducation physique sera conçue en fonction du travail. Le rôle du médecin sera primordial. Le médecin devra prévenir, guérir, redresser, mais surtout il tendra à obtenir que chacun des garçons acquière une éducation aussi complète que possible, tant au point de vue de l’hygiène individuelle que de l’hygiène familiale.

         Un système de fiches permettra de contrôler les résultats obtenus. Ces fiches de triage détermineront les classifications et c’est ainsi que, tout naturellement, ces « soldats par la joie » se trouveront dans la voie de l’orientation professionnelle. Résumons cette activité : ces chantiers de travail de la jeunesse française n’enseigneront pas les arts de la guerre, ils enseigneront les vertus de la paix. 

Le Groupement 1 "Maréchal Pétain", le premier des Groupement, et aussi le plus prestigieux, en forêt de Tronçais, Allier. Source : Compagnons, 19 octobre 1940

« Il faut voir ces jeunes employés de bureaux, ouvriers d’usines, artisans, étudiants séminaristes il y a quelques mois encore et hier apprentis soldats, se livrer aujourd’hui au dur labeur du bûcherons. Leur travail consiste à abattre des sapins, à les ébrancher, les écorcer. Tous se mettent à la tâche avec cœur et déploient à son service toute leur ardeur juvénile. Inhabituées [sic] à manier la scie passe-partout, la cognée ou l’écorceur, les mains de chacun ont quelque peu souffert au début. Maintenant que la période d’adaptation est terminée, tous ces jeunes se transforment peu à peu en bûcherons… émérites. Sans arrêt les arbres tombent et il ne faut pas longtemps pour les retrouver dépouillés et prêts à être emmenés. Et quand la journée s’achève, un peu fatigués, tous ces gars regagnent, en chantant, les outils sur l’épaule, la vieille maison abandonnée, mais ingénieusement aménagée, où est établi leur cantonnement d’une semaine. » L’enquête met en évidence que « Chanter est devenu une consigne ». Finis les chants grivois et souvent grossiers. La vieille chanson française est remise à l’honneur. Et chaque équipe au cours de ses déplacements entonne un de ces airs qui firent la joie de nos grands-pères ou de notre enfance : « En passant par la Lorraine ; Trois jeunes Tambours ; Sur la route de Louviers, etc. »

La joie au travail ! La joie saine à chaque moment de la journée, en un mot, la joie de vivre ! Et comme il est dit aux jeunes, dans le bulletin du camp, sous la plume du chef de groupement : « Cette joie, il faut la conserver en vous comme l’expression la plus pure du sentiment de notre renaissance. Joie dans l’effort, confiance en nos chefs, foi dans l’avenir, et vous verrez combien sera facile notre tâche à tous, tâche qui se résume par un mot : « Servir ».

Pleins de bonne volonté, ces jeunes mettent toute leur ardeur, tout leur jeune cœur à développer leurs qualités, à forger leurs caractères, pour les préparer à l’œuvre qui, demain, les attend et sera leur : reconstruire la France, « cette France qui sera, ainsi que le disait le Maréchal Pétain, à la fois très nouvelle et très ancienne ».

Source : P.H., « Les Chantiers de la Jeunesse », La Croix, 4 novembre 1940

NI L'ENTHOUSIASME NI LA DECEPTION PARFOIS N'EMPÊCHENT L'HUMOUR


EN JANVIER 1941, VIENT LA LIBERATION

Certificat de libération de Jules Michelet, du Gr 26, au mois de janvier 1941.

 

Source : Jean Thouvenin, D'ordre du Maréchal Pétain, 1940


Le perfectionnement matériel des chantiers s’accompagnera-t-il de la régénération morale qu’on escompte ? Je le crois, mais à certaines conditions, et d’abord en leur faisant confiance, en leur donnant du temps, car ils auront eu pour commencer la part la plus difficile. Les jeunes gens actuellement dans les chantiers gardent l’empreinte profonde des vingt années d’entre deux-guerres.

Lorsqu’en janvier prochain [1941]tous ces garçons quitteront les chantiers pour rentrer dans la vie  normale, il s’en trouvera beaucoup de changés et ce sera déjà un fort beau succès.

Émile Condroyer, "Faisons confiance aux chantiers de la jeunesse", Le Journal, 22 octobre 1940.

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Oui, le vent maître ! Un maître qui donne au ciel de Provence son azur inexorable, un maître qui rend les horizons limpides, un maître ennemi des nuées, des brumes, des équivoques, des hypocrisies, un maître qui fonce contre les obstacles et les renverse, un maître qui purifie l’air, balaie les miasmes, les parasites, les choses inutiles, un maître qui active la circulation sanguine, méprise les malingres, exalte les hommes sains, forts, équilibrés. Un maître qui porte en lui la régénération…

Commissaire Ziegler, Mistral, 13 novembre 1940


 Pour en savoir plus >

Les Chantiers en 1941

Les Chantiers en 1942

Les Chantiers en 1943

Les Chantiers en 1944



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