LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE

1940-1944

L’aventure des Chantiers de la Jeunesse de France reste typique des années de guerre et d’occupation (1940-44). Elle est née au lendemain de la défaite de l’armée française, lorsqu’il parut indispensable de regrouper les jeunes appelés de 1940 livrés à eux-mêmes durant les journées de la débâcle. Le général de Lattre de Tassigny aurait souhaité s’y engager, mais c’est au général de la Porte du Theil qu’il revint d’en relever le défi et de la conduire dès juillet 1940, fermement au milieu des vicissitudes de cette époque et de la méfiance grandissante de l’occupant, jusqu’à ce qu’il soit arrêté par la Gestapo, le 4 janvier 1944.



La Porte du Theil

Le général de La Porte du Theil, Commissaire général des Chantiers de la Jeunesse. Portrait officiel.

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« Pour la jeunesse, le gouvernement de Vichy accomplit une œuvre conforme aux grandes lignes de sa doctrine : refus de la jeunesse unique, telle qu’elle existe dans les pays totalitaires : formation morale et patriotique des jeunes.

Le problème de la jeunesse se pose dès l’armistice : il s’agit tout d’abord de regrouper les recrues de la classe 1940, mobilisées au mois de juin et qui, de la vie militaire, n’ont connu que la débâcle.

A leur intention, la loi du 30 juillet 1940 crée les Chantiers de Jeunesse, où ils seront incorporés pendant six mois sous le commandement du général de la Porte du Theil ; le 18 janvier 1941, quand ce premier stage est terminé, une loi nouvelle décide que tous les jeunes Français de la zone libre, âgés de vingt ans, y seront appelés par classes pour huit mois.

Le premier but avoué des Chantiers est donc de reprendre en main une jeunesse démoralisée et de la préparer aux tâches qu’exige un proche avenir. L’objectif réel du général de la Porte du Theil est, en plein accord avec l’état-major de l’armée, de maintenir le recrutement en zone sud, de camoufler des réservistes dans une Association des Anciens des Chantiers ; ainsi, le jour d’une reprise des hostilités, le commandement disposera, en plus de l’armée d’armistice, d’une masse d’hommes encadrés, disciplinés, pourvus de moyens de transport, de vivres et d’armes cachées dans des dépôts clandestins. »

Raymond Aron, Histoire de Vichy, Fayard, 1954.

Les Chantiers

« S’il est une action qu’avec vous, amiral, je retiendrai très volontiers de Vichy, c’est, sans aucun doute, l’organisation des Chantiers de Jeunesse.

Formation civique et morale des jeunes, développement d’un esprit public, obligations qu’il comporte s’opposant à l’individualisme à la mode avant guerre, compétition sportive, solidarité, partage... Que pouvions-nous espérer de mieux en cette période d’abandon ?

Mais est-ce bien à Vichy que l’on doit cette affaire ? Qui en a eu l’initiative ? À qui doit-on l’esprit qui l’animait ? Au Maréchal ? À son gouvernement ? Comment concilier dans les mêmes mains l’esprit « scout » des Chantiers et les déportations massives de juifs ?

Si l’ensemble fait partie de la nouvelle doctrine de l’État, vers quel nationalisme nous conduisait Vichy ?

Je dissocie volontiers ces deux actions ; mais alors, laissons à Vichy ce qui lui revient et reconnaissons au général de La Porte du Theil et à ces cadres dont il a su s’entourer l’honneur d’avoir rappelé aux jeunes les valeurs qui font un pays et qui les ont protégés des dérives idéologiques de la Milice et de la LVF. Des milliers de jeunes sont passés par les Chantiers ; ils sont, pour la plupart, dans la Résistance aujourd’hui. J’en ai dans ma propre section » (29 décembre 1944).

Henri Beaugé, 20 ans en 1940, Chroniques de guerre d’un Français libre, éditions du cerf, 2012.


Actualité

Les Chantiers de la Jeunesse (1940-1944), l'exemple du Groupement 39 de Montmarault, Allier, Éditions Créer, 2018 (à paraître)

Nouvelle documentation à propos du Groupement 39 de Montmarault


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Mise à jour :  6 mai 2018

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